Martine Vallières-Bisson, une vie de sacrifice pour la boxe


À 16 ans, Martine Vallières-Bisson découvre la boxe par pur hasard, alors qu’elle cherchait un sport pour se défouler. Elle était loin de se douter que presque 20 ans plus tard, la boxe lui coulerait autant dans les veines. Martine a vécu des hauts et des bas, mais elle est aujourd’hui boxeuse. En ce moment, elle est au sommet de sa forme et pour arriver à son but, elle a dû traverser plusieurs épreuves, faire preuve de détermination et de résilience. Son histoire est digne d’un film. Cependant, l’histoire se poursuit toujours puisque la pugiliste a comme objectif de devenir, un jour, championne du monde.

 

Les débuts d’une passion

Martine a toujours été une sportive et elle jouait au hockey à l’école avec les gars. Cependant, elle n’était pas une naturelle à la boxe. D’ailleurs, elle a eu besoin d’un an et demi de pratique avant de faire son premier combat amateur. Venu le jour ultime, lorsque l’équipe de son adversaire voit sa préparation et qu’elle a le couteau entre les dents, ils font la demande de changer pour avoir un combat démonstration…sans que Martine le sache. Si cela avait été un vrai combat, la victoire de la native de Mascouche aurait été sans équivoque. C’est alors que la soif du combat est apparue.

 

-Crédit photo: Boxe Canada

 

Après cette piqure d’adrénaline et pour compenser sa soif, Martine veut remonter sur le ring le plus rapidement possible. Elle fait les démarches pour se trouver une adversaire.

 

« J’ai fait moi-même les appels pour me trouver une adversaire. Celle que j’avais trouvé était dans une catégorie de poids vraiment plus lourde que moi et elle avait 10 combats à son actif »

 

Pas d’entraineur, avec un ami pour l’encourager dans son coin, un début de bronchite, la tâche s’annonce ardue. Heureusement, à coup de pompe d’asthme et de persévérance, elle réussit à monter sur le ring. Pourquoi ? Elle a tout fait pour avoir ce combat. Sa récompense ? Bernard Barré, un grand acteur dans le monde de la boxe au Québec, la remarque. Il va la voir et il n’a que des bons mots.

 

En 2004, rendez-vous aux Gants d’Argent. Lors de l’inscription au tournoi, elle apprend que son gym à Mascouche avait oublié de payer son affiliation à la fédération. Heureusement, un entraîneur de St-Jérôme la prend sous son aile. Le tournoi est rude, mais Martine relève le défi. Malgré cet obstacle qui aurait pu la déstabiliser, elle remporte les Gants d’Argent. Cependant, la fédération n’avait pas les médailles et ne pouvait pas les donner en mains propres à la gagnante. La fierté de son exploit, elle, ne s’est pas fait attendre. En tout cas, pas comme la médaille par la poste…

 

L’année suivante, elle décide de commencer à fréquenter le mythique club de boxe des frères Grant dans le West Island. Chaque fois qu’elle va s’entrainer, Martine part de sa Rive-Nord natale. Elle doit faire plus de deux heures d’autobus avec plusieurs transferts. Cette année-là, sa persévérance l’amène une fois de plus aux championnats provinciaux.

 

« Mon entraineur n’était pas disponible cette fin de semaine-là, mais je voulais absolument faire le tournoi. J’avais déjà fait des plans dans ma tête pour dormir dans ma voiture à Québec »

 

En finale, le défi est de taille puisqu’elle se prend contre la meilleure boxeuse à ce moment. Malheureusement, elle perd de seulement 6 coups de poing. Point positif, l’expérience a forgé son caractère et sur place, elle rencontre l’entraineur Alain Boismenu. Pour la suite des choses, Alain sera une personne marquante pour elle et il sera toujours de bon conseil.

 

Des nouveaux défis et une grosse victoire

 

À partir de 2008, Martine participe au Championnat Ringside à Kansas City, le plus grand tournoi de boxe amateur au monde. Accompagné d’Alain Boismenu, elle enchaîne les bons résultats. Elle est finaliste en 2008, 2010 et 2011.

 

2013 sera une grosse année pour Martine. D’abord elle obtient une Attestation collégial en éducation à l’enfance. À cause qu’elle commence à travailler, elle fait sa préparation seule pour la boxe. À Kansas City, elle fait écarquiller bien des yeux et remporte le tournoi Ringside. Plus tard dans l’année, elle se transporte à Régina pour le Championnat canadien, encore une fois, sans entraineur. Dans une catégorie de poids plus basse, le défi est de taille pour faire la balance. Les employés de l’hôtel la reconnaissaient avec son « sauna suit » et lui ouvraient la porte de la salle du spa.

 

 

-Crédit photo: Vincent Éthier/ Eye Of The Tiger Management

Par la suite, les bons résultats se succèdent. Les trois années suivantes, elle est finaliste du Championnat canadien. La pugiliste a été aussi championne des Gants Dorés en 2014, 2015, 2017 et 2018.

 

Tournois à saveur internationale

En 2017 à 3 jours d’avis, Martine combat à Ottawa dans un tournoi à saveur internationale. Elle gagne contre la championne du Brésil, Taynna Tagma Cardoso. C’est même le combat féminin par excellence de la soirée.

 

En 2018, en tant que championne du Québec, elle participe à un tournoi en Pologne, organisé par son entraineur Leonard Kwitkowski. Elle remporte une fois de plus contre la championne du pays, cette fois-ci, Aneta Rygielska.

 

Les débuts en boxe professionnelle

À 34 ans, après 116 combats chez les amateurs en près de 20 ans, maintenant entrainée par Rodolfo Furlan, c’est la consécration pour la boxeuse Martine Vallières-Bisson. Le 7 décembre 2019, dans une soirée de boxe organisée par Eye of the Tiger Management, elle effectue son premier combat professionnel dans l’aréna du Canadien de Montréal, lui rappelant son rêve de jeunesse de devenir joueuse de hockey. Elle remporte contre Tereza Dvorakova par décision majoritaire (38-38, 39-37 et 39-37) devant plusieurs de ses amis rassemblés. Présent aussi dans les gradins, son père, homme de peu de mots, est très fier d’elle. C’est une joie aussi pour sa famille et sa mère (sa fan #1) qui a toujours été là pour la supporter.

 

 

 

Le 25 janvier dernier, elle accepte de participer à un second combat. Tenez-vous bien, à 2 semaines d’avis ! Martine décide de relever le défi et elle accepte. Son adversaire est la mexicaine Adilene Martinez Herrera.

 

« Elle était là pour se battre! Je pensais qu’elle allait foncer un peu plus en ligne droite sur moi, mais j’ai dû m’adapter et être dans le moment présent à chaque seconde »

 

Martine remporte son combat contre la mexicaine par décision unanime. On peut ajouter à l’exploit que pour sa préparation, la pugiliste n’avait aucune information ni aucune vidéo de son adversaire. Elle savait seulement que les mexicaines sont reconnues pour être des guerrières.

 

Elle dédie sa vie à sa passion

Martine Vaillières-Bisson est maintenant boxeuse professionnelle, en plus d’être éducatrice en milieu scolaire et entraîneure de boxe au Gladiateur Gym à La Prairie et au Crew Gym à Chambly. De plus, elle est co-fondatrice du programme Pédago-Boxe.

 

Cependant en mars dernier, quand le premier ministre Legault a fait l’annonce que les sports de combat devaient mettre un frein, ce fut un coup dur. Elle venait de faire la pesée pour son prochain combat (lui aussi à deux semaines d’avis). Malheureusement, le gala a dû être annulé.

 

Bien que la Covid-19 plane toujours au-dessus de nos têtes, celle qui habite maintenant à Longueuil continue de penser 24 heures sur 24 à la boxe. Martine a toujours le feu sacré et elle veut continuer de repousser les limites. À 35 ans, la boxe a formé ce qu’elle est devenue, mais elle continue de regarder devant, car elle a fait le choix de dédier sa vie à sa passion.


Laissez un commentaire